Le DPE (diagnostic de performance énergétique) est un document réglementaire obligatoire dans de nombreuses situations (vente, location). Il vise à évaluer la performance énergétique d’un logement selon une méthode nationale standardisée, identique pour tous les biens. Contrairement à une idée reçue, le DPE ne se base pas sur les factures d’énergie. Il applique des règles de calcul précises, définies par l’État, afin de comparer objectivement des logements très différents entre eux. Parmi ces règles, le coefficient de conversion de l’électricité joue un rôle déterminant, notamment pour les logements chauffés à l’électricité.
Énergie finale et énergie primaire : une distinction essentielle
Dans un logement, l’énergie effectivement consommée par les équipements (chauffage, eau chaude, éclairage) est appelée énergie finale.
C’est cette énergie qui apparaît sur les factures.
Pour le DPE, cette énergie finale est convertie en énergie primaire, une notion plus large qui prend en compte :
- la production de l’énergie,
- sa transformation,
- son transport,
- sa distribution jusqu’au logement.

L’objectif est d’intégrer l’ensemble de la chaîne énergétique, et pas uniquement la consommation au compteur.
Cette conversion est réalisée à l’aide de coefficients réglementaires, fixés par la méthode officielle du DPE.
Le coefficient de conversion de l’électricité : valeur et principe
À ce jour, le coefficient de conversion réglementaire de l’électricité est fixé à 2,3.
Cela signifie que :
- 1 kWh d’électricité consommé dans un logement
- est comptabilisé comme 2,3 kWh d’énergie primaire dans le calcul du DPE
Ce coefficient vise à intégrer les pertes liées :
- à la production de l’électricité,
- à son acheminement sur le réseau,
- aux transformations intermédiaires.
C’est ce mécanisme qui explique pourquoi certains logements électriques peuvent apparaître plus énergivores dans le DPE que ce que la consommation réelle pourrait laisser penser.
Pourquoi le coefficient de l’électricité fait-il débat aujourd’hui ?
Le coefficient actuellement en vigueur a été défini dans un contexte énergétique ancien, où la production électrique française était plus carbonée et moins performante.
Depuis, plusieurs évolutions majeures ont été constatées :
- le mix électrique français est aujourd’hui majoritairement décarboné,
- l’électricité est de plus en plus utilisée pour le chauffage résidentiel,
- les équipements électriques ont fortement progressé en performance (pompes à chaleur, régulations).
Selon les analyses relayées par l’ADEME et la presse spécialisée du diagnostic immobilier, le coefficient de 2,3 apparaît de moins en moins représentatif de la réalité actuelle.
C’est dans ce contexte qu’une révision du coefficient de conversion de l’électricité a été engagée par les pouvoirs publics.
Quelle évolution est envisagée ?
Le principe d’une baisse du coefficient est désormais clairement acté dans les travaux préparatoires. Une valeur autour de 1,9 est régulièrement évoquée, avec une application à partir du 1er janvier 2026, sous réserve de publication officielle des textes réglementaires. Plus d’informations sur le site du gouvernement.
Impact attendu sur le DPE des logements chauffés à l’électricité
Si le coefficient de conversion de l’électricité est abaissé :
- la consommation en énergie primaire calculée diminue,
- le résultat du DPE peut évoluer,
- sans modification physique du logement.
Les logements les plus susceptibles d’être concernés sont :
- les logements chauffés à l’électricité,
- les appartements équipés de radiateurs électriques,
- les logements utilisant une pompe à chaleur,
- les biens dont la classe DPE est proche d’un seuil réglementaire (E/D ou F/E).
Il s’agit exclusivement d’un changement de méthode de calcul, et non d’une amélioration de l’isolation ou du confort thermique.
Comparaison pédagogique avec le gaz
Dans le DPE, chaque énergie dispose de son propre coefficient de conversion.
Pour le gaz naturel :
- 1 kWh consommé = 1 kWh d’énergie primaire, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de perte d’énergie lors du transport du gaz
- le coefficient est donc fixé à 1
Contrairement à l’électricité :
- le gaz n’est pas concerné par la révision en cours,
- son coefficient reste stable,
- aucune évolution réglementaire n’est prévue à ce stade.

Cette différence explique pourquoi, à caractéristiques de logement comparables, un logement chauffé au gaz peut afficher un classement DPE différent d’un logement chauffé à l’électricité.
Ce que cette évolution ne change pas
Il est essentiel d’être clair sur ce point :
- le confort thermique du logement reste identique,
- l’isolation, les équipements et le bâti ne changent pas,
- le DPE reste un diagnostic réglementaire normé.
Un logement n’est ni « meilleur » ni « moins bon » en soi : il est évalué selon les règles officielles en vigueur à la date du diagnostic.
FAQ – Coefficient de conversion de l’électricité et DPE
Le coefficient de conversion de l’électricité a-t-il déjà changé ?
Oui. À ce jour, le coefficient réglementaire est fixé à 1,9, anciennement 2,3.
Tous les logements électriques verront-ils leur DPE s’améliorer ?
Non. L’impact dépend du niveau de consommation et de la position par rapport aux seuils de classement.
Les anciens DPE seront-ils modifiés automatiquement ?
Non. Seuls les DPE réalisés après l’entrée en vigueur officielle de la nouvelle méthode seront concernés. Toutefois, il est possible d’effectuer une mise à jour de son propre DPE sur le site de l’ADEME.
Le gaz est-il impacté par cette évolution ?
Non. Le coefficient du gaz reste fixé à 1 et ne fait pas l’objet de modification.
Nos services Diag Consult
Nous réalisons :
- des diagnostics de performance énergétique réglementaires,
- conformément à la méthode officielle en vigueur,
- pour les logements chauffés à l’électricité comme pour ceux au gaz ou toutes énergies fossiles.
Chaque DPE réalisé par nos techniciens reflète la situation du logement à la date de sa réalisation, selon les règles définies par l’État.
Conclusion
Le coefficient de conversion de l’électricité est un paramètre central du calcul du DPE.
Sa révision annoncée constitue une évolution réglementaire importante, susceptible d’avoir un impact sur le classement de certains logements chauffés à l’électricité.
Besoin d’un DPE conforme et réglementaire ?

